Ordinateurs · 31/10/2026
Euronews relève que l'Europe veut réduire sa dépendance aux deux puissances mais manque encore de puces, d'infrastructures et de modèles de pointe ; la Chine finance des projets d'IA dans au moins 77 pays.
Selon une analyse d'Euronews du 29 octobre 2026, réalisée avec AP, les États-Unis et la Chine construisent chacun un bloc autour de l'IA pour imposer leurs normes, tandis que l'Europe cherche à réduire sa dépendance envers les deux.
Les deux blocs
Côté américain, l'article cite l'initiative Pax Silica, portée par le département d'État. Côté chinois, il évoque l'Organisation mondiale de coopération sur l'IA (WAICO), qui compte 28 autres pays fondateurs en plus du Kazakhstan. Selon AidData, la Chine a financé des projets liés à l'IA dans au moins 77 pays à revenu faible ou intermédiaire. Le Kazakhstan, environ 21 millions d'habitants, a un accord pouvant atteindre environ 9 milliards d'euros avec Nvidia et a reçu un niveau record d'investissements directs chinois, environ 2,5 milliards d'euros, en 2025. La plupart des pays, estiment les analystes, jouent sur les deux tableaux.
Les dépendances européennes
L'Europe affiche un déficit commercial d'environ un milliard d'euros par jour avec la Chine, et jusqu'à 90 % de ses terres rares en proviennent. Elle n'a pas de modèle d'IA de pointe dominant ; Mistral est l'un des rares prétendants. Elle progresse néanmoins dans la fabrication de puces et construit un cloud et une infrastructure d'IA fédérés, avec des atouts dans la chaîne des semi-conducteurs grâce à ASML et Soitec. L'article cite 319 millions d'euros d'aides d'État à Infineon, 5 milliards pour des projets en Italie et 1,6 milliard en Tchéquie.
Les règles comme levier
L'UE veut être l'arbitre mondial de l'IA : son règlement est présenté comme le premier cadre complet, même si un report pour les systèmes à haut risque a été obtenu via l'« omnibus » sur l'IA après le lobbying de l'industrie. La présidente de la Commission Ursula von der Leyen estime que ces règles placent l'Europe en position de façonner les efforts mondiaux et prévoit d'inviter les laboratoires d'IA de pointe à discuter du rythme de la frontière technologique. Des entreprises européennes craignent que cela aide les géants américains à consolider leur domination. L'UE fait déjà partie de Pax Silica, dirigée par les États-Unis.
Un équilibre précaire
Peu de pays peuvent bâtir des modèles de pointe, et l'accès à l'IA avancée dépend largement de décisions américaines et chinoises. L'approche open source de Pékin et son financement séduisent les pays en développement, et la fenêtre pour choisir librement entre les deux blocs pourrait se refermer.
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